Loi de finances 2026 : ce qui change pour votre épargne, votre immobilier et vos assurances
Depuis le 1er janvier 2026, la loi de finances et la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2026 modifient plusieurs règles qui touchent directement votre épargne, votre investissement locatif et votre assurance habitation. Hausse des prélèvements sociaux, fin d'un avantage fiscal sur le PER après 70 ans, nouveau dispositif locatif « Jeanbrun » en remplacement du Pinel : voici les points clés à connaître pour ajuster votre stratégie patrimoniale en 2026.
Prélèvements sociaux à 18,6 % : qui est concerné ?
La LFSS 2026 relève le taux des prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 %, sous l'effet d'une hausse de 1,4 point de la CSG (contribution baptisée « Contribution Financière pour l'Autonomie »). Cette hausse s'applique aux gains du PER, du PEA, des comptes-titres et de l'épargne salariale.
L'assurance-vie, en revanche, reste explicitement exclue de cette hausse et conserve un taux de prélèvements sociaux de 17,2 %. Une distinction qui crée un écart de fiscalité nouveau entre les deux enveloppes et qui mérite d'être prise en compte dans le choix des supports pour vos versements futurs.
Concrètement, quel impact sur vos gains ?
Pour un retrait sur un PER, la flat tax applicable aux plus-values passe mécaniquement de 30 % à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux). Sur l'assurance-vie, le taux global reste inchangé.
PER : la fin de la déduction fiscale après 70 ans
Autre changement notable pour les détenteurs d'un Plan Épargne Retraite : les versements effectués après l'âge de 70 ans ne sont désormais plus déductibles du revenu imposable. Jusqu'ici, cette possibilité permettait à certains épargnants de continuer à optimiser leur fiscalité tardivement. Ce n'est plus le cas : passé cet âge, les versements sur un PER n'ouvrent plus droit à réduction d'impôt, même si le plan continue de fonctionner normalement pour la phase d'épargne et de sortie.
Pour les épargnants proches de cet âge, il peut être pertinent d'anticiper leurs versements déductibles avant leur 70e anniversaire, ou d'étudier d'autres leviers de défiscalisation adaptés à leur situation.
Immobilier locatif : le dispositif « Jeanbrun » remplace le Pinel
La loi de finances 2026 acte la disparition définitive du dispositif Pinel et le remplace par un nouveau mécanisme, baptisé « Jeanbrun », applicable aux acquisitions réalisées depuis le 21 février 2026. Contrairement au Pinel, qui reposait sur une réduction d'impôt directe, ce nouveau dispositif fonctionne sur le principe de l'amortissement : le propriétaire bailleur peut déduire une partie de la valeur du bien de ses revenus fonciers imposables.
Le dispositif distingue trois niveaux de location — intermédiaire, social et très social — avec un avantage fiscal d'autant plus important que l'effort de loyer consenti par le bailleur est élevé. Il s'applique aussi bien au logement neuf qu'à l'ancien avec travaux, avec des plafonds différents selon les cas.
Pour un investisseur qui envisageait un projet locatif sous l'ancien régime Pinel, il est désormais indispensable de refaire les calculs : les mécanismes de calcul de l'avantage fiscal, et donc la rentabilité nette, ont changé en profondeur.
Assurance habitation : une contribution de solidarité contre les émeutes
Sur le volet assurantiel, la loi de finances 2026 crée un mécanisme de mutualisation du risque « émeutes », destiné à indemniser plus rapidement les dommages liés aux violences urbaines. Ce dispositif est financé par une contribution de solidarité à la charge des compagnies d'assurance, plafonnée à 1,5 % des primes collectées. Une mesure qui pourrait, à terme, avoir un effet indirect sur le niveau des cotisations d'assurance habitation.
Ce qu'il faut retenir
L'année 2026 marque un resserrement progressif de la fiscalité de l'épargne financière (hors assurance-vie), une refonte complète de l'incitation à l'investissement locatif, et un ajustement du financement de l'assurance habitation. Ces évolutions ne remettent pas en cause l'intérêt de bien structurer son épargne et ses assurances, mais elles rendent d'autant plus utile un point personnalisé avec un professionnel pour identifier les arbitrages pertinents compte tenu de votre situation.
Questions fréquentes
Q : L'assurance-vie est-elle concernée par la hausse des prélèvements sociaux 2026 ?
R : Non. L'assurance-vie reste taxée à 17,2 % de prélèvements sociaux, alors que le PER, le PEA et les comptes-titres passent à 18,6 % suite à la LFSS 2026.
Q : Puis-je encore déduire mes versements PER après 70 ans ?
R : Non, depuis 2026, les versements effectués sur un PER après le 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu imposable.
Q : Le dispositif Pinel existe-t-il encore en 2026 ?
R : Non, il est remplacé par le dispositif « Jeanbrun », applicable aux acquisitions réalisées depuis le 21 février 2026, qui fonctionne par déduction d'amortissement plutôt que par réduction d'impôt directe.
Cet article a une vocation d'information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Chaque situation patrimoniale étant spécifique, un échange avec votre courtier permet d'évaluer les options les plus adaptées à votre cas.
